Back Market a dégainé une nouvelle campagne.
Des visuels choc.
Des contrastes visuels puissants : la glace qui fond, les paysages dévastés, le monde d’hier et celui de demain en miroir.
Et au centre : un smartphone reconditionné comme solution.

📣 Le message ?
Acheter chez Back Market, ce n’est pas juste consommer malin.
C’est un acte engagé.
Une manière de lutter contre le dérèglement climatique.
C’est beau. C’est bien fichu. Mais c’est largement exagéré.
1. Une campagne aussi belle que mensongère
La forme est brillante.
Back Market sait faire du bon contenu.
Les affiches sont stylisées, le message est clair, et le contraste "avant/après" touche juste.
Mais sur le fond, ça pose problème.
L’équation implicite est la suivante :
👉 Acheter un iPhone reconditionné = Sauver la planète.
Sauf que non. Pas du tout.
.png)
Acheter un appareil reconditionné n’empêche ni la surproduction mondiale, ni l’obsolescence programmée, ni l’extraction des métaux rares.
Ça retarde à peine la casse.
Le reconditionné n’efface pas le modèle consumériste.
Il en devient simplement une version plus douce, plus acceptable socialement.
2. Les gens veulent le dernier truc. Juste moins cher.
Ce n’est pas un problème écologique. C’est une mécanique de désir.
Les utilisateurs veulent un iPhone, pas un Fairphone.
Ils veulent TikTok fluide, 128 Go de stockage et une bonne batterie.
Et s’ils peuvent l’avoir pour 200€ de moins, c’est banco.
Ce que Back Market vend réellement, ce n’est pas une alternative responsable.
C’est une ruse de consommation : le même objet convoité, à prix réduit, avec une certaine tranquillité morale.
Et ça marche.

Mais ça ne change rien au fond :
- On reste dans une logique de renouvellement régulier.
- On reste dans le mimétisme social.
- On reste dans l’envie de posséder le dernier modèle, à moindre coût.
Autrement dit :
📦 Le produit change de canal, pas de logique.
3. Le souci, c’est le ton : trop moral, trop prétentieux
Le vrai problème n’est pas le produit.
C’est le storytelling.
Back Market veut nous faire croire que chaque achat est un acte de résistance.
Un choix courageux. Une micro-révolution.
Mais ce discours ne colle ni à la réalité des usages, ni à la vérité du marché.
Ce n’est pas de la dissonance. C’est un excès de vertu.
Les gens ne veulent pas être des héros du climat.
Ils veulent un bon téléphone à bon prix, sans se faire avoir.
Et ça suffit.
En voulant surjouer l’engagement, Back Market déconnecte sa marque de sa vraie valeur perçue.
Elle rate l’essentiel : la confiance, la praticité, l’efficacité.
4. Back Market vend de la ruse, pas de la vertu
Et si on arrêtait de travestir le consommateur en activiste ?
Le client Back Market est malin, pas militant.
Il a compris que c’était :
- moins cher qu’en Apple Store,
- pas trop risqué grâce aux garanties,
- et moins culpabilisant qu’un achat neuf.
Et ça lui va très bien.
🎯 Ce n’est pas un acte politique.
C’est un acte d’optimisation.
Et c’est ça, la vraie force du reconditionné :
Il fait le lien entre la tech désirable et la gestion raisonnable du budget.
Sans posture. Sans leçon.
5. Une alternative : plus honnête, plus juste
Alors, comment repositionner la marque sans perdre sa force ?
En reconnectant le discours à la réalité de l’usage.
👉 Chez Corporate Voices, on dirait :
“C’est moins cher. C’est mieux. Un pas après l’autre.”
.png)
Ce positionnement fonctionne car :
- Il ne juge pas.
- Il ne ment pas.
- Il ne promet pas la lune.
- Il reste accessible et réaliste.
Il prend le parti de l’amélioration continue.
Pas de la perfection.
Il assume que Back Market est une solution imparfaite, dans un monde imparfait.
Mais utile, concrète, et immédiate.
Et ça, c’est crédible.
6. Ce qu’on demande à Back Market
.png)
Back Market est une marque qui a changé les règles.
Elle a mis le reconditionné à la mode. Elle a redonné confiance dans l’occasion. Elle a structuré un marché à sa façon.
Mais à force de pousser le curseur moral, elle risque de perdre son socle d’adhésion populaire.
✅ On ne veut pas qu’elle arrête de parler d’écologie.
❌ On veut juste qu’elle évite l’angélisme publicitaire.
👉 Revaloriser l’achat malin, sans en faire un acte militant.
👉 Mettre en avant l’impact réel, sans grossir le trait.
👉 Parler au cerveau du consommateur… sans manipuler son cœur.
Le reconditionné n’est pas révolutionnaire.
C’est juste la version intelligente de l’achat tech.
Et c’est déjà pas mal.
.png)
.png)


